Informations, néophilie, culture et FOMO

Dans cet article, je vais parler de phénomènes spécifiques à notre ère.

Tout d’abord, l’information. Elle est omniprésente grâce à l’abondance de médias, disponible à toutes heures de la journée, possiblement dans plusieurs langues, aussi bien dans notre poche que chez soi et sur n’importe quel sujet.

Abondance. Temps. Accès linguistique. Lieu. Diversité.

On vit une révolution qui dépasse de loin celle qu’a apportée l’imprimerie de Gutenberg. Ce n’est même pas comparable à dire vrai. Ou alors, la comparaison ne rendrait pas hommage à cette avancée technologique de l’époque.

Ce boom de l’information marque les sociétés, avec son lot d’avantages et d’inconvénients. Il est question ici de faire un petit état des lieux de la situation que nous vivons.

Tout d’abord, les comportements ont changé, les gens ont tendance à devenir néophile (qui aime le nouveau) et cherchent à savoir ce qui se passe en ce moment, à être connecté avec ce qui construit et déconstruit notre société d’aujourd’hui et demain.

Les points positifs :

  • Cette tendance rend les personnes plus au courant de ce qui se passe dans notre monde, aussi bien localement que globalement.
  • J’aurai tendance à dire que les gens sont plus curieux, or j’imagine qu’il pouvait l’être déjà tout autant avant. Simplement, qu’ils disposent de plus d’outils aujourd’hui pour la satisfaire.
  • Culturellement, à mon sens, c’est un choc positif. Les barrières linguistique et géographique n’étaient déjà plus trop un problème avec l’apparition des livres, puis de la télé. Cependant le numérique offre une facilité, rapidité et profusion de contenu qui défient tout ce que nous avons connu jusqu’à aujourd’hui. Un excellent outil pour ouvrir son esprit et gagner en tolérance par une meilleure compréhension de notre environnement.

Les points négatifs :

  • Plus au courant de ce qui se passe dans le monde, oui. Toutefois au travers du prisme du média consulté. Le journalisme est en crise. Les lignes éditoriales peuvent imposer des règles dans l’orientation politique, culturelle, philosophique de leur support. La désinformation est un mal qui gagne du terrain et corrompt l’opinion publique. L’économie de croissance, dirigeant les petites entreprises ambitieuses autant que les grosses déjà en place, dicte quel contenu sera publié ou non pour maximiser le chiffre d’affaires. Le prisme a plusieurs moyens d’être corrompu et seuls les lecteurs et auditeurs avertis sauront faire la part des choses nécessitant un esprit critique affûté (actuellement, aucune éducation officielle ne nous y prépare concrètement). Cet engouement pour la nouveauté profite aussi à la publicité qui, en mal de visibilité, se greffera dans tout les créneaux possibles et espaces vides dans la pagination des supports, poussant ainsi le lecteur ou l’auditeur à la consommation.
  • Les curieux se frottent les mains : ils n’ont jamais eu autant de moyens d’assouvir leur besoin. Ceci peut entraîner l’homme vers des dérives comportementales guidées par ses pulsions. Le voyeurisme, la curiosité morbide, l’irresponsabilité et
    l’irrespect guettent les esprits les plus asservis par leurs stimulis émotionnels.
  • Culturellement, ce n’est pas évident non plus. La mondialisation chahute les sociétés et on assiste à un effondrement des repères laissant un bon nombre de gens dans un chaos identitaire. Ces derniers seront la proie idéale d’idéologies aussi insidieuses que pernicieuses (j’adore ce mot). Par exemple, les sectes ont le vent en poupe, car elles récoltent, à grande échelle, des gens de plus en plus paumés avec un esprit critique non préparé aux dangers.

Enfin, je terminerai par un phénomène qui fait échos à mon article sur les réseaux sociaux et l’addiction qu’ils peuvent entraîner. Le FOMO ! ( et pas MOFO hein ça c’est autre chose)

FOMO = Fear Of Missing Out => Peur de louper quelques choses

C’est, à mon sens, intiment lié au bouleversement de la société que je décris depuis le début de l’article. Il y a une pression sociale sur notre appréhension de l’information. Je vous donne un exemple (je vais grossir le trait) :

Il y a un attentat je ne sais où. Ça fait 20 morts.
Une fuite d’informations confidentielles sur le président fait scandale.
Il y a des tensions entre la Corée du Nord et les USA.
Les médias en parlent. Si vous n’êtes pas au courant, vous êtes jugé déconnecté de la réalité, c’est aussi simple que ça.

Vous perdrez petit à petit votre crédibilité si vous échouez trop souvent à ce petit exercice. Votre intégration sociale en prendra un coup. La crainte de l’échec et du jugement qui en résultera vous tiendra de plus en plus à l’écart. Ce petit exercice d’apparence anodine est une réelle et puissante pression qu’inflige la société à ceux qui y appartiennent. Du coup, le stress ambiant augmente à cause du FOMO engendré par cette pression sociale, nous imposant d’être au courant de l’actualité, que le sujet vous plaise ou non.

Ne sachant pas trop comment terminé cet article ayant dit tout ce que j’avais à dire pour l’instant, je vais vous laisser, le chat veut jouer, et moi aussi.

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